Lésions du plexus brachial

Explication

Les lésions du plexus brachial sont des pathologies complexes nécessitant une prise en charge spécialisée et souvent chirurgicale. Une évaluation précoce, une intervention adaptée et une rééducation rigoureuse sont les clés pour optimiser la récupération fonctionnelle du membre supérieur.

Lésions du plexus brachial

Causes 

Le plexus brachial est une structure anatomique complexe, composée de nerfs périphériques sensitifs et moteurs, situé en région cervico-scapulaire et responsable de la motricité et de la sensibilité du membre supérieur. Une lésion de ce plexus peut entraîner une paralysie partielle ou complète du bras.

Les principales causes sont :

  • Traumatismes fermés : accidents de la voie publique, sports à haute vélocité

  • Accidents obstétricaux

  • Plaies pénétrantes (arme blanche ou arme à feu),

  • Compression nerveuse chronique (tumeurs, infections, radiothérapie),

  • Causes iatrogènes (complications après une chirurgie ou une ponction).

Diagnostic 

Le diagnostic repose sur une évaluation neurologique spécialisée et des examens complémentaires.

  • Clinique : examen de la mobilité, de la force, de la sensibilité et des réflexes. Une paralysie partielle ou totale et la présence de douleurs neuropathiques peuvent orienter vers une lésion du plexus. L’examen clinique est essentiel pour le choix des options thérapeutiques.

  • Imagerie :

    • IRM du plexus brachial : identifie les ruptures, les avulsions (arrachement de racines), ou les compressions. Elle est réalisée aux alentours de 4 semaines (sauf urgence) après le traumatisme afin de visualiser une éventuelle avulsion de racine.

    • Radiographies et/ou scanner (injecté ou non) : en cas de recherche de lésions osseuses ou vasculaires associées

  • Électromyogramme (EMG) : permet de localiser les éventuelles lésions et d’en évaluer la gravité, en mesurant l’activité électrique des nerfs et des muscles.

  • En cas de doute, une exploration chirurgicale directe peut être proposée.

Traitement 

Le traitement dépend du type et de la sévérité de la lésion.

  • Traitement médical conservateur : indiqué dans certaines lésions partielles (sans rupture de continuité des structures nerveuses) ou en attente de récupération spontanée. Il repose sur la rééducation, les antalgiques et s’accompagne d’une surveillance clinique et EMG.

  • Traitement chirurgical : recommandé si aucune amélioration n’est observée au bout de 3 à 6 mois, ou à partir de 4 semaines en cas de lésion sévère sans potentiel de récupération spontanée (avulsion, rupture complète). L’objectif est de restaurer au mieux les fonctions motrices et/ou sensitives par des transferts nerveux distaux permettant une réinnervation précoce des muscles ciblés.

Intervention chirurgicale

L’intervention peut comprendre :
• Une exploration microchirurgicale du plexus brachial à l’aide d’un microscope opératoire,
• Des neurotisations (transferts nerveux distaux) : transfert d’un nerf sain vers un nerf lésé pour réanimer la fonction correspondante,
• Des greffes nerveuses : utilisation de nerfs prélevés ailleurs sur le patient pour reconnecter les nerfs sectionnés,
• Une neurolyse (libération d’un nerf comprimé)
• Des transferts tendineux Le choix de la technique dépend du type de lésion et du délai écoulé depuis le traumatisme.

Durée 

L’intervention dure entre 3 et 8 heures, selon la complexité des lésions et les techniques utilisées.

Anesthésie 

Elle se fait sous anesthésie générale, parfois complétée par une anesthésie locale pour gérer la douleur post-opératoire.

Immobilisation 

Le bras est généralement immobilisé dans une attelle ou une écharpe pendant 3 à 6 semaines après l’opération, pour protéger les structures réparées.

Suites opératoires

• Douleur : généralement modérée et bien contrôlée par des antalgiques.
• Rééducation : essentielle, elle débute progressivement après la cicatrisation. Elle vise à prévenir les raideurs articulaires et à stimuler les muscles réinnervés. Un séjour en centre de rééducation de plusieurs mois permet d’optimiser la récupération.
• Suivi neurologique : des examens réguliers (cliniques et EMG) sont nécessaires pour surveiller la repousse nerveuse, qui est lente (environ 1 mm par jour).
• Résultats : variables selon l’âge du patient, la nature de la lésion et le délai de prise en charge. Une amélioration partielle est fréquente, mais une récupération complète reste rare en cas de lésion grave.