Les poulies

Explication

Les poulies font partie de la gaine des tendons fléchisseurs, et existent au niveau de chaque doigt. A l’intérieur de cette gaine, coulissent les deux tendons fléchisseurs de chaque doigt (seulement un tendon fléchisseur pour le pouce) qui permettent la flexion (ou fermeture) des doigts. Le rôle des poulies est de maintenir les tendons fléchisseurs au plus près des phalanges, afin de permettre une fermeture complète des doigts lors de l’application d’une force de traction sur les tendons fléchisseurs. L’absence de poulie ou leur rupture complète entraine un phénomène dit de « corde d’arc » : les tendons fléchisseurs s’écartent du squelette osseux lors de la fermeture des doigts en raison d’un phénomène purement mécanique.

POULIES

Causes 

De nombreuses causes peuvent entrainer une rupture d’une ou plusieurs poulies de la gaine des fléchisseurs. Alors qu’une prédisposition génétique peut favoriser ce type de lésion, les activités professionnelles et/ou sportives, notamment la pratique de l’escalade, en sont le plus souvent à l’origine. Lors de la pratique de l’escalade, l’application de tout ou partie du poids du corps sur une main ou quelques doigts entraine une augmentation des forces au niveau de la gaine des tendons fléchisseurs, et peut entrainer une rupture d’une ou plusieurs poulies. Certaines positions (arquée vs tendue), et certaines pratiques sportives (bloc vs voie) sont plus à risque que d’autres. L’importance de l’échauffement, de l’augmentation progressive des difficultés et d’une hydratation correcte doit être rappelée dans la prévention de la rupture de poulie du grimpeur.

Symptômes

Les symptômes d’une rupture de poulie du grimpeur sont l’apparition brutale d’une douleur dans le doigt concerné, lors de la pratique sportive, accompagnée d’un bruit claquement audible. La douleur persiste dans le temps. Un hématome peut apparaitre au niveau du doigt atteint. Une perte d’amplitude de fermeture du doigt accompagnée d’une perte de force sont présentes, avec l’apparition d’une corde d’arc plus ou moins visible ou palpable à la face palmaire du doigt atteint.

Diagnostic 

Le diagnostic d’une rupture de poulie chez le grimpeur nécessite un interrogatoire et un examen clinique complet, le plus souvent accompagné d’un examen d’imagerie, échographie ou IRM permettant de confirmer les lésions et d’en évaluer l’extension. L’échographie et/ou l’IRM doivent être réalisées en position de flexion du doigt, avec mise en tension des tendons fléchisseurs, et mesurer le décollement des tendons du plan osseux sous jacent.

Traitement 

Le traitement des ruptures de poulies dépend de leur nature complète ou partielle, de la distance au traumatisme et du niveau d’escalade du pratiquant. Le traitement d’une rupture de poulie complète peut être soit non chirurgical (orthèse), soit chirurgical. Le choix du traitement d’une rupture de poulie complète se fait à la suite d’un examen clinique rigoureux et d’une discussion avec le patient concernant les bénéfices et les risques de chaque option. Quel que soit le traitement envisagé, le port des orthèses et la rééducation sont essentiels, et la durée de récupération est de plusieurs mois. Le retour à une activité d’escalade sportive devra dans tous les cas attendre le feu vert du chirurgien, et être progressif. La rééducation sera adaptée individuellement à votre pathologie et à votre traitement, et le respect des consignes sera déterminant pour votre retour à votre activité sportive.