La spasticité est un trouble moteur caractérisé par une hypertonie musculaire. Elle provoque une contraction involontaire des muscles concernés. Au cours de son évolution, elle peut s’accompagner de rétraction musculaire et d’enraidissement des articulations concernées. Elle se traduit par une difficulté à utiliser le membre atteint, et peut s’accompagner de mouvements anormaux.
Les principales causes de la spasticité sont la paralysie cérébrale, l’accident vasculaire cérébral, le traumatisme crânien, la tétraplégie, la sclérose en plaque, et d’autres atteintes neurologiques.
La spasticité ne touche que certains groupes musculaires, qui peuvent varier selon les individus. En général, au niveau du membre supérieur, les muscles touchés par la spasticité sont ceux qui rapprochent le bras du tronc (muscles adducteurs de l’épaule), qui plient le coude (fléchisseurs du coude), qui plient le poignet (fléchisseurs du poignet) et qui plient les doigts (fléchisseurs des doigts et muscles intrinsèques de la main), ainsi que les muscles qui tournent la main vers l’intérieur (muscles pronateurs).
La spasticité est dite « élastique » : plus on tire vite et fort pour essayer de la corriger, plus elle augmente ; mais en tirant doucement et lentement, la spasticité ne se déclenche pas, et on parvient à étendre l’articulation (sous réserve de l’absence de rétraction musculaire associée).
La spasticité est également variable, en fonction des conditions : elle est souvent augmentée par la fatigue, le stress, le froid, les contrariétés. Par conséquent, elle peut diminuer au repos, et même disparaitre pendant le sommeil.
La spasticité peut s’accompagner de rétractions musculaires qui sont le raccourcissement permanent, du muscle et de ses enveloppes, lié à la présence de la spasticité. La rééducation et l’appareillage peuvent empêcher la rétraction de survenir, s’ils sont démarrés très tôt. Quand les rétractions sont installées, la chirurgie est souvent nécessaire.
Dans la prise en charge de la spasticité, l’examen clinique est primordial et permet d’évaluer la fonction existante du membre supérieur, les groupes musculaires spastiques, la présence ou non de rétractions musculaires et de déformations articulaires, ainsi que la présence de mouvements anormaux. La réalisation d’injections de toxine botulinique ou la réalisation de blocs moteurs (injection d’anesthésiant au contact des nerfs conduisant l’influx aux muscles spastiques) peut être nécessaire pour faciliter l’examen clinique. Des examens complémentaires, tels que des radiographies ou scanner, peuvent parfois être nécessaires pour orienter la stratégie chirurgicale.
Les traitements de la spasticité sont multiples. Dans les formes précoces de la spasticité, le traitement médical, les injections de toxine botulinique, la rééducation et l’utilisation d’orthèses peuvent permettre d’améliorer la fonction du membre supérieur, transitoirement ou durablement. Lorsque ces moyens sont dépassés, ou lorsque la répétition des injections de toxine botulinique est nécessaire, le traitement chirurgical peut être utile.
Le traitement chirurgical de la spasticité repose sur des gestes dits de « neurectomie », sélective ou hypersélective, selon la fonction du membre supérieur. Le traitement des rétractions musculaires peut nécessiter des gestes musculotendineux tels que les allongements, et dans les cas plus sévères, des gestes ostéoarticulaires. Le choix de la stratégie chirurgicale est fait en accord avec les objectifs du patient et repose sur l’examen clinique complet et rigoureux du membre supérieur atteint.
Il s’agit d’interventions chirurgicales longues (de 40 minutes à plus de 3 heures selon les cas). Dans la plupart des cas, une hospitalisation complète est nécessaire pour une durée de 2 nuits (nuit précédant et nuit suivant l’intervention).
Ces interventions sont le plus souvent réalisées sous anesthésie générale. Dans de rares cas, la chirurgie peut être réalisée sous anesthésie locorégionale seule, après accord de l’anesthésiste et du chirurgien.
Le port d’attelles peut être nécessaire après le traitement chirurgical des rétractions musculaires. Leur port est essentiel dans la réussite du traitement.
Le patient sera revu à 2 semaines et à 6 semaines de la chirurgie. La rééducation post opératoire est essentielle dans la réussite du traitement, notamment dans les cas où une amélioration de la fonction du membre supérieur est attendue. La rééducation s’effectue au rythme de 2 à 3 séances par semaine.